Los Alamos, Californie: Peu d’habitants, mais beaucoup de goût

Rencontrez les gens (et les mets) qui mettent Los Alamos, Californie, sur la carte gastronomique.

Photo par Steve Collins.

Les gens qui entrent à Casa Dumetz Wines, un bar à vin à Los Alamos, sont accueillis joyeusement par la propriétaire Sonja Magdevski, une petite blonde en robe de denim et en bottes de cowboy. Magdevski s’affaire dans l’espace éclectique (les murs sont remplis de vieilles photos de famille en noir et blanc, d’enseignes peintes à la main et de bouteilles de vin), servant des cépages grenache, syrah et mourvèdre du Rhône, tout en discutant avec les clients. Si elle ne connaît pas déjà votre nom, elle vous invitera à « Entrez! Qu’est-ce qu’on vous sert? »

Sonja Magdevski de Casa Dumetz, photo par Steve Collins.

Cette hospitalité n’est pas l’apanage de Magdevski, elle est tout à fait typique des restaurants et salons de dégustation de Los Alamos, un lieu de restauration étonnant au centre de la côte de la Californie, où chacun est accueilli par son nom suivi d’un point d’exclamation.

Certains des clients de Casa Dumetz habitent dans des villes aux alentours et d’autres arrivent de Los Angeles (3 h de route) ou de Santa Barbara (1 h). Et puis il y a ceux qui sont tombés par hasard sur ce petit village qui se trouvait sur leur chemin. Ils aiment tant ses édifices du Far West et son ambiance décontractée qu’ils y restent, étonnés de sa cuisine de calibre mondial, de ses vins extraordinaires, de ses divers restaurateurs et de son atmosphère distinctive qui annonce la découverte de quelque chose de vraiment spécial.

Bell Street, photo par Steve Collins.

Isolée au nord de la pittoresque vallée de Santa Ynez, une région viticole en expansion de la côte de la Californie, Los Alamos était à l’origine une ville de transit fondée par le Canadien Pacifique en 1876. Aujourd’hui, avec ses 1 600 habitants, elle compte à peine sept pâtés de maisons, la plupart de ses commerces bordant la rue principale, Bell Street.

Los Alamos possède encore la majorité de son architecture originale, dont Union Hotel (1880) et Los Alamos General Store, mais les bâtiments ont été repensés et adaptés avec l’arrivée des chefs et des entrepreneurs venus de partout aux États-Unis pour ouvrir des commerces.

Tacos de Valle Fresh, photo par Steve Collins.

Le village a pu profiter des années d’expérience des nouveaux arrivants dans divers domaines, qui, tranquillement, ont transformé l’endroit et toute la vallée en destination incontournable. Certains ont été attirés par les nombreuses fermes et vignobles de la région (il y a plus de 100 vignobles dans la région et quatre régions viticoles distinctes) et d’autres ont grandi dans les environs et ont déménagé dans le village pour élever leur famille ou simplement adopter un rythme de vie plus lent. Mais tous ont décidé de rester pour la beauté de la région.

Magdevski, vinificatrice de Casa Dumetz et propriétaire de Babi’s Beer Emporium avec qui elle partage l’espace ainsi qu’avec la taqueria Valle Fresh, est arrivée il y a huit ans de Los Angeles et a rapidement été conquise par les lieux. « J’ai été époustouflée dès que j’ai posé les yeux sur la vallée de Santa Ynez. C’était si beau », s’exclame-t-elle.

Collines dans la vallée de Santa Ynez, photo par Steve Collins.

Les collines, le style de vie détendu et la solitude relative en ont attiré bien d’autres.

Arrivé il y a deux décennies, Clark Staub, propriétaire du Full of Life Flatbread et ancien vice-président du marketing pour Capital Records à Hollywood, est un pionnier du milieu culinaire au village. « C’est si merveilleux de voir les développements depuis les 16 dernières années. », dit-il.

Clark Staub devant son four à bois à Full of Life Flatbread, photo par Steve Collins.

Son restaurant a un caractère onirique avec ses jardins et ses terrasses aux lumières scintillantes dispersées sur le terrain. Comme dans tous les restaurants de la région, la cuisine est locale et faite maison. Les pizzas tout droit sorties de l’énorme four à bois sont garnies d’ingrédients uniques comme les piments Pasilla, les pistaches et la salsa à l’ail et au piment Serrano.

Photo par Steve Collins.

Il n’est pas rare de voir des créations alléchantes sur les menus du village. Chez Pico, installé dans l’ancien magasin général du village, les plats sont tout sauf basiques.

Son copropriétaire, le célèbre chef Drew Terp, ajoute une touche excentrique au menu de plats réconfortants haut de gamme, tels que les huîtres tempura et le bœuf tataki servis avec pommes de terre salées, mojo verde et œuf en saumure, et la crème glacée « mystère ».

Will Henry, Kali Kopley et sa fille Winslow dans le jardin à Pico, photo par Steve Collins.

Le vinificateur Will Henry et sa femme Kali Kopley ont ouvert le Pico en 2016. À l’origine, Henry voulait un salon de dégustation pour son vignoble, Lumen Wines, mais sa découverte d’un espace parfait à Los Alamos l’a convaincu d’ouvrir un vrai restaurant. « Il y a trois ans, Los Alamos était encore très tranquille, mais elle semblait sur le point de décoller », dit Henry.

À quelques pas se trouve Bob’s Well Bread Bakery, la boulangerie que tout le monde de la région recommande pour déjeuner. Ici, on fait cuire le pain en petites fournées et les comptoirs débordent de croissants dorés, de pâtisseries feuilletées et de miches de pain rebondies et alléchantes. La version de Bob du pain grillé à l’avocat contient des tonnes de graines de citrouille rôties et risque de vous hanter bien après votre retour.

Tartine à l’avocat à Bob’s Well Bread Bakery, photo par Steve Collins.

Après avoir travaillé pendant 30 ans dans le domaine de la télévision, le président du marketing de Sony Pictures, Bob Oswaks, avait besoin de changement, alors il s’est mis à la boulangerie à San Francisco.

« J’ai suivi ma passion, je ne pensais qu’à ça, dit-il. Je me disais que c’était l’univers qui voulait ça pour moi. La vie n’est pas faite pour faire toujours la même chose. »

Propriétaire d’une maison dans la vallée depuis 20 ans, il a choisi d’ouvrir sa boulangerie à Los Alamos en 2014. « Tout le monde ici a une approche d’entreprise basée sur l’authenticité », affirme-t-il.

Bob Oswaks, photo par Steve Collins.

Il est vrai que la passion de ce groupe de restaurateurs est palpable, et a sûrement joué un grand rôle dans le succès de leur entreprise respective. Grâce à l’accès facile aux ressources du centre de la côte, il ne manque jamais de viande ni de produits frais de qualité à cuisiner.

En raison de la grande concentration de fermes et de vignobles, cette région ressemble un peu à la France, dit la chef Daisy Ryan, copropriétaire du bistro français Bell’s avec son mari Greg.

Daisy et Greg Ryan chez Bell’s, photo par Steve Collins.

Sur la base de cette comparaison, le couple, qui travaillait auparavant dans des restaurants reconnus aux États-Unis (dont Per Se à New York) a élaboré un concept accessible et abordable pour les résidents, qui de surcroît, les a rendus accros! La cuisine française est à l’honneur au menu, qui propose des moules frites, du steak tartare et des escargots à l’ail.

Moules frites chez Bell’s, photo par Steve Collins.

Ayant grandi dans la vallée de Santa Ynez, il était tout naturel pour Daisy et Greg d’y revenir pour élever leur fils Henry et se rapprocher de leur famille.

Et ils ne sont pas les seuls. Une nouvelle génération emménage dans la région et des résidents plus jeunes reviennent à la maison lancer de nouveaux projets.

Bistro Bell’s, photo par Steve Collins.

« Notre place est ici », dit Daisy. « Notre avenir repose sur la création d’une culture et d’une communauté en ces lieux. »


Au-delà de Los Alamos

Il y a six villages distincts dans la vallée de Santa Ynez offrant une multitude d’activités.

Photo par Steve Collins.

Boire du vin à Los Olivos

Ce petit village comptant plus de 40 salons de dégustation idéal pour goûter les produits de la région. Le vignoble Stolpman est réputé pour ses syrahs et pour L’Avion, un vin blanc riche fait de raisin roussanne.

Magasiner à Solvang

Les rues de ce village fondé en 1911 sont bordées de cafés, de salons de dégustation et de boutiques au style architectural de ferme danoise où vous trouverez de tout, des sabots aux décorations de Noël.

Explorer Buellton

Le film oscarisé À la dérive fut tourné ici, et les fans peuvent obtenir une carte au Buellton Visitors Center et visiter par eux-mêmes les attractions en vedette, dont OstrichLand et The Hitching Post II.


Cet article a été rédigé en anglais et traduit en français.