Les célébrations du Jour de la mort au Mexique sont vraiment très belles

Nous sommes allés à Puerto Vallarta pour examiner de plus près l’histoire de Día de los Muertos, une fête nationale qui célèbre à la fois la vie et la mort.

Le Malecón bourdonne d’énormes autels, de femmes déguisées en Catrina. Son image rappelle que la mort est inévitable, peu importe votre fortune.

Les pierres tombales délavées par le soleil et les mausolées bleu poudre du cimetière 5 de Diciembre luisent sous la lune. Des familles ont commencé à se rassembler autour des tombes de leurs ancêtres à Puerto Vallarta, au Mexique.

Des bougies papillotent à l’arrière-plan. C’est la foule qui se déplace entre les stèles funéraires et rit au son des guitares espagnoles des musiciens. Nous sommes le 2 novembre, et on célèbre aujourd’hui, comme chaque année, le Día de los Muertos, ou Jour des morts.

Marylou Camba Cruz dispose des fleurs en papier sur la tombe de ses parents au cimetière Panteón El Progreso.

On fête le Día de los Muertos au Mexique depuis le début des années 1500, mais son origine remonte aux Aztèques, il y a environ 3 000 ans. El Día de los Muertos avait lieu en août et était considéré comme un festival de récolte, mais sous l’influence catholique, on le fête maintenant en novembre en même temps que la Toussaint.

Ce mélange d’influences catholique, espagnole et aztèque a changé la célébration au fil des siècles et certaines régions ont adopté différentes traditions. L’idée de célébrer face à la mort demeure toutefois. Le 1er novembre, on rend hommage aux âmes des enfants, appelés angelitos (petits anges), alors que le 2 novembre marque la fête des adultes défunts et le jour du défilé La Caravana de la Muerte.

« C’est une façon de se souvenir des êtres chers, dit Kevin Simpson, l’un des propriétaires de la galerie d’art Peyote People à Puerto Vallarta. Une fois par année, on se rappelle ce qu’ils ont fait pour la famille. Il s’agit du cycle complet de la vie, cette fête n’a rien de triste. »

Un chien dort au cimetière Panteón El Progreso.

On bâtit des autels dans toute la ville durant les jours précédant le festival. Certains dans les maisons, d’autres sur le Malecón au centre-ville, ce qui permet aux passants de voir les ofrendas (les offrandes). On trouve généralement sur les autels une photo du défunt et sept marches chargées de symboles et de cadeaux à l’être cher pour lui souhaiter la bienvenue.

Des autels bordent les rues menant au Malecón.

On peut ainsi entrevoir la vie d’un étranger : une guitare et du café, ou une bouteille de mescal et des cigares; des friandises et des jouets pour les enfants.

La plupart des autels exposent toutefois des œillets d’Inde, des chandelles, des crânes en sucre et du pan de muerto, un pain sucré, souvent en forme de crâne et d’os, qui est réservé à cette époque de l’année.

Les autels présentent les objets favoris du défunt.

Les célébrations officielles du Día de los Muertos commencent à l’approche de novembre. Les rues débordent d’ornements; les fenêtres sont remplies d’œillets d’Inde orange et des guirlandes de papel picado (papier découpé traditionnel) décorent les rues, les places et les immeubles, et se balancent dans le vent.

La Plaza de Armas s’anime alors qu’on installe des autels et des décorations.

Les gens du coin et les visiteurs s’amassent dans les rues et les cimetières pour les festivités; tout un nombre d’entre eux se peignent le visage en blanc et se dessinent des cercles noirs autour des yeux et des coutures au-dessus des lèvres pour avoir l’air de squelettes vivants.

Des enfants du ballet folklorique Xiutla donnent un spectacle de danse le 1er novembre dans le parc de Lazaro Cardenas de Puerto Vallarta. Des fillettes habillées comme La Catrina, la grande dame du Jour des morts, dansent avec la grâce rigide des squelettes qu’elles incarnent. Les garçons pour leur part représentent El Catrin. De douces lumières bleues et de la fumée au sol illuminent les danseurs-squelettes sur la scène.

Un danseur du ballet folklorique Xiutla se prépare.

Des danseurs s’entraident pour incarner La Catrina et El Catrin.

Un acteur le long d’une marche à la chandelle vers le spectacle du Jour des morts des Rhythms of the Night à Las Caletas.

Sur la place derrière eux, des marchands, dont le visage est aussi peint en blanc et noir, vendent des friandises du Jour des morts et les restaurants sont décorés d’énormes Catrina en papier mâché. La musique retentit dans les rues et la ville s’anime tandis que ses habitants rendent hommage aux morts.

« C’est une célébration du cycle de la vie, explique Simpson. On nous apprend que l’âme est éternelle, et que quand quelqu’un meurt, la chair disparaît et il ne reste que les os, où réside l’âme, et qu’on fête après la mort. »

Le cimetière 5 de Diciembre le dernier soir du Día de los Muertos.

Le crépuscule tombe sur le 5 de Diciembre. La foule commence à quitter le cimetière et à défiler vers le Malecón pour la grande finale du Día de los Muertos. Elle laisse derrière elle quelques familles qui pique-niquent sous la lune, perchées sur les tombes de leurs bien-aimés.

L’atmosphère est électrique lorsque le défilé arrive au Malecón et l’énergie est palpable dans tous les coins du centre-ville, qui est éclairé seulement à la lumière des chandelles. Des mariachis jouent au coin des rues pendant que des hommes et des femmes costumés en squelettes dansent au clair de lune.

La mort est inévitable, mais une chose est sûre pendant le Día de los Muertos : on peut fêter la mort, et non la craindre, car les âmes et les souvenirs vivent à travers les générations.

Danseurs du ballet folklorique Xiutla.

 
Cet article a été rédigé en anglais et traduit en français

 

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