Fouilles Au Bélize

On a découvert des centaines de sites archéologiques au Bélize, mais ce petit pays couvert de denses forêts pluviales tropicales recèle encore des secrets.

Cahal Pech, photo par Al Argueta/Alamy

« Les gens d’ici sont fiers du fait que les premiers Béliziens ont développé cette incroyable civilisation qui a établi et fait progresser l’agriculture, l’astronomie, les mathématiques et la langue. Nous voulons partager cela avec le reste du monde. »
—Jaime Awe

Dr Jaime Awe participa à sa première expédition archéologique à la fin des années 1960, à l’âge de 10 ans. Il partit avec ses frères explorer les anciennes buttes derrière leur maison dans la petite ville de San Ignacio. Munis de vieilles machettes, ils se frayèrent un chemin dans la jungle du district Cayo et commencèrent à creuser un des monticules.

En quelques heures, les archéologues en herbe avaient mis au jour des artefacts mayas : des fragments de poterie, des lames en obsidienne et des morceaux de mano et métate, des pierres pour moudre ressemblant au pilon et au mortier et encore utilisée pour moudre le maïs ainsi que les fèves de cacao.

La découverte de vestiges de la civilisation maya remontant à plus de 1 500 ans fit naître chez Awe une curiosité et un intérêt inépuisables pour l’histoire et la culture de la communauté qui vécut autrefois dans la région de sa ville natale.

On estime que plus d’un million de Mayas – des Mayas yucatèques du Yucatán, au Mexique, des Mayas mopans de la région de Petén au Guatemala et des Kekchis de la région de Verapaz au Guatemala – occupaient le territoire qui est maintenant le Bélize. Plus de 600 sites mayas ont été identifiés dans ce petit pays bordé au nord par la péninsule mexicaine du Yucatán, à l’ouest par le Guatemala et à l’est par la mer des Caraïbes.

« Ces sites sont des symboles de notre identité nationale », affirme Awe, qui a obtenu son doctorat en archéologie après avoir fait des études en Angleterre. Durant une carrière s’étendant sur plus de 30 ans, il a découvert certains des trésors les plus précieux du Bélize et est considéré comme une autorité en matière de culture maya dans la région.

Cahal Pech

Jaime Awe à Cahal Pech, photo par Diane Bolt

L’ancien terrain de jeu de balle à l’extrémité ouest des ruines de Cahal Pech bourdonne d’activité. On remplit des seaux de terre et on renverse ensuite le contenu sur de grands tamis plats suspendus entre les arbres, puis on agite les tamis pour séparer la terre fine de tout vestige archéologique. Certains lots ne produisent rien, tandis que d’autres révèlent des tessons (fragments de poterie), des morceaux d’obsidienne ou de minces coquilles d’escargots d’eau douce considérés par les Mayas comme un mets délicat.

Les fouilles du West Ball Court sont en cours à Cahal Pech, photo de Diane Bolt

Cahal Pech, qui signifie « lieu des tiques », était un petit village il y a plus de 3 000 ans et c’est l’un des plus anciens sites du Bélize. Une riche famille maya habitait cet ensemble de structures, sur une colline surplombant San Ignacio et la rivière Macal. Découvert dans les années 1950, il a commencé à prendre forme quand Awe a entrepris des fouilles en 1988. On a dévoilé à ce jour 34 structures, notamment des temples, des bâtiments d’administration et des palais, dont tout nombre avaient été érigés sur d’autres structures. On les conserve au centre de Cahal Pech.

« Notre équipe pourrait travailler ici pendant des générations et nous ferions encore des découvertes », affirme Awe, qui partage son temps entre ses postes de codirecteur du projet Belize Valley Archaeological Reconnaissance et de professeur agrégé d’anthropologie à l’Université Northern Arizona.

Au fil de la journée, l’équipe continue de travailler dur à Cahal Pech, où on a procédé au quadrillage de sections indiquées par de la ficelle de couleur vive. Les archéologues œuvrent côte à côte avec des étudiants pour retirer soigneusement les couches de sol et mettre au jour le petit court de jeu de balle de cérémonie.

Le terrain de jeu de balle à Cahal Pech, photo par Diane Bolt

« Cahal Pech n’est pas si grand et nous y travaillons continuellement depuis 31 ans, mais il reste des choses à découvrir, dit Awe. On continuera l’an prochain. »

Xunantunich

La vue quand on monte au sommet d’El Castillo, photo par Diane Bolt

Xunantunich, qui signifie « dame de pierre », est à 30 minutes en voiture de San Ignacio et, comme à Cahal Pech, les travaux se poursuivent pour mettre au jour les vestiges de cette ville. Pour voir tout le site, et apercevoir le Guatemala, il faut grimper les marches d’El Castillo, la deuxième plus haute ruine maya du pays (40 mètres). Du sommet, on admirer les ruines de la ville à travers le regard de la famille maya qui occupait cette imposante pyramide de pierre. On peut ensuite explorer le reste du site, dont une chambre funéraire qu’Awe a révélée en 2016 et qu’on s’emploie à conserver.

En dépit d’anciennes fouilles menées à Xunantunich par d’autres archéologues, ce site était en quelque sorte demeuré caché. Les collègues d’Awe disent souvent en blaguant que sa truelle porte bonheur comme il semble avoir un sixième sens quand il s’agit de savoir où creuser.

Entièrement mise au jour, cette tombe est complètement recouverte d’une plaque de plexiglas, mais on peut s’accroupir pour jeter un coup d’œil à l’intérieur. La nouvelle végétation a vite pris racine depuis que le site a surgi. « La nature gagne toujours », fait remarquer Awe.

À l’intérieur du tombeau découvert en 2016, photo par Diane Bolt

Deux monuments hiéroglyphiques, offerts à l’élite dirigeante de Xunantunich comme butin de guerre, ont été découverts de chaque côté de l’escalier de la tombe. On les a remplacés par des répliques en fibre de verre, également appelées Panneaux trois et quatre; les originaux se trouvent au musée et centre d’accueil du site. Awe est déjà passé à son projet suivant, une anomalie par rapport au reste des ruines de cette ville.

Awe avec l’une des paneaux hiéroglyphiques qu’il a découverts en 2016, photo par Diane Bolt

Contrairement à Cahal Pech, les traces indiquent que Xunantunich est une cité maya plus récente, car de nombreux bâtiments ne comportent qu’une ou deux phases. De nouveau, grâce à sa truelle « magique », Awe a toutefois découvert un bâtiment qui repose en fait sur trois structures plus anciennes, toutes antérieures aux autres structures de Xunantunich.

« La chance ne joue aucun rôle, affirme Awe. Je creuse là où il
faut creuser. » —Jaime Awe

 

Quatre Autres Sites À Découvrir

 

Actun Tunichil Muknal

Pour voir Actun Tunichil Muknal, la grotte du sépulcre de pierre, au sud-est de San Ignacio, il faut marcher dans la jungle pendant 45 minutes et traverser à la nage un bassin profond. On doit ensuite marcher de nouveau pendant une heure jusqu’à la chambre principale, remplie d’artefacts et de squelettes, en particulier les vestiges millénaires de la jeune fille de cristal.

Caracol

On doit parcourir des chemins de terre et traverser de petits villages pour voir Caracol, à deux heures et demie en voiture de San Ignacio.
La ville compte plus de 35 000 bâtiments, dont le plus haut du Bélize (plus de 42 m). Caana, ou palais du ciel, ressemble à certaines des autres pyramides du Bélize, car il comporte 13 entrées; le chiffre 13 représente le nombre de niveaux au ciel dans la mythologie maya.

Caracol, photo par Prill/GettyImages

Pook’s Hill

Située dans les contreforts des monts Maya dans la vallée Roaring Creek au centre du Bélize, Pook’s Hill est une réserve privée de 300 acres. Au cœur de la propriété se trouvent les vestiges d’un petit peuplement maya appelé plazuela (qui signifie petite place en espagnol). Le site comprend un temple, une salle de fêtes, des structures d’habitation et une rare étuve à coupole.

Lamanai

Lamanai est considéré comme le site ayant été occupé sans interruption le plus longtemps en Méso-Amérique, comme il a été abandonné il y a seulement environ 200 ans. Au lieu d’être bâtie autour d’une place centrale comme les autres villes mayas, Lamanai suit plutôt la berge de la rivière New. Seuls cinq pour cent de la ville ont été mis au jour jusqu’à maintenant.

Lamanai, photo par Vadim Nefedov/Getty Images

 

Cet article a été rédigé en anglais et traduit en français.
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