Découvrir Bristol

Découvrez l’une des villes les plus heureuses en G.

Le pont suspendu de Clifton, photo par Edd Cope.

La ville de Bristol semble ne recevoir que des compliments : la plus heureuse en Grande-Bretagne, l’une des plus inspirantes au monde et la plus « gentille » au Royaume-Uni. Tant de gens chantent les louanges de la petite chérie du sud-ouest de l’Angleterre que les visiteurs arrivent remplis de grandes attentes. Heureusement, ils ne repartent pas déçus.

Clifton Village, photo par Edd Cope.

Passez quelques jours à Bristol – admirez les vues depuis son pont suspendu emblématique, soupez dans les cafés du quartier bien nanti Clifton Village, dénichez l’art urbain de Banksy dans le secteur Stokes Croft et déambulez sur les quais du port flottant de 210 ans –, et vous découvrirez l’atmosphère résolument positive de la cité et sa personnalité attachante et individualiste.

« À Bristol, la communauté soutient fortement les commerces locaux indépendants; c’est une ville très sympathique, affirme Sinéad Sweeney, propriétaire du Bristol Trading Post. Elle est vraiment très animée et diversifiée et il s’y passe tellement de choses! »

Sinéad Sweeney à Bristol Trading Post, photo par Edd Cope.

Originaire de Manchester et ayant étudié à Dublin, Sweeney déclare s’être sentie chez elle quand elle est arrivée à Bristol il y a quelques années. Sa boutique, Her shop, un éventail d’art, de textiles et de bijoux, se trouve dans Clifton Arcade parmi les galeries d’art, les cafés et les fleuristes.

Un peu plus loin, une épicerie indépendante déborde de clients : Reg the Veg est une véritable institution de Clifton qui remonte aux années 60 et bien que Reg ne soit plus là, elle reste une entreprise familiale pilotée par John et Thomas Hagon, père et fils, et la compagne de Thomas, Bess Swingler.

Delphine Horsley à Portabella, photo par Edd Cope.

Clifton est le joyau de la couronne de Bristol, dit Delphine Horsley, propriétaire de Portabella, une boutique de vêtements italiens de Clifton Village. C’est ici que les Bristoliens font du tourisme. Ils viennent pour les vues, les cafés et le pont. » Horsley parle de l’impressionnant pont suspendu vieux de 155 ans qui enjambe la gorge et la rivière Avon et a été conçu par Isambard Kingdom Brunel, l’un des ingénieurs les plus influents du monde.

Les rues de Clifton sont bordées de maisons en rangée géorgiennes, et on n’y voit quasiment pas de magasins à succursales. Mais il n’y a pas que ce quartier qui regorge de boutiques et de restaurants et offre même une piscine extérieure chauffée de l’époque victorienne (le Lido). La ville est remplie de créateurs qui transforment leur passion en commerces viables. Sur les Christmas Steps, une série de marches en pierre bancales au centre-ville, le café Chance & Counters, où l’on joue à des jeux de société, connaît un succès exceptionnel.

Christmas Step, photo par Edd Cope.

« Cela témoigne du fait que les gens à Bristol sont prêts à essayer de nouvelles choses », affirme Dicky Duerden, qui porte le nom magnifique de Chef des jeux. « Vous pourriez ouvrir un atelier de noueurs de nœuds et les gens diraient : “Je vais essayer ça, certainement”. »

Le café, qui comptait 250 jeux au début, a également ouvert ses portes à Cardiff, au pays de Galles, et à Birmingham, et on trouve maintenant plus de 900 jeux sur les étagères à Bristol. C’est complet presque tous les soirs, dit Duerden, et il vaut mieux réserver au moins une semaine d’avance pour trouver une place.

Disky Duerden à Chance & Counters, photo par Edd Cope.

Pour boire un cocktail pas banal, les gens du coin se rendent à Weber & Tring’s, aussi sur les Christmas Steps, où Sarah Tring, la propriétaire née en France, offre des cours de fabrication de gin. Le jardin luxuriant est l’endroit idéal pour prendre un verre.

Weber & Tring’s, photo par Edd Cope.

Si vous cherchez des bières artisanales, essayez Left Handed Giant Brewpub, au bord de l’eau à Finzels Reach, qui a ouvert ses portes grâce aux dons de centaines de gens du coin et d’investisseurs. En quelques semaines, le pub était envahi de clients et le propriétaire a dû ajuster le processus d’approvisionnement de la brasserie pour répondre à la demande.

Pour manger une bouchée, les Bristoliens affluent vers des restos comme Bravas, à Cotham, où le menu de tapas authentiques s’inspire des voyages des propriétaires, Kieran et Imogen Waite. On y fait la queue presque tous les soirs selon Kieran, mais qu’à cela ne tienne, Pasta Loco, en bas de la côte, sert des mets européens tout aussi délicieux.

Bravas, photo par Edd Cope.

Bambalan, au centre-ville, propose un festin du Moyen-Orient, qu’on se doit de déguster après une partie intense de ping-pong sur la terrasse. Ne manquez pas les bols santé de salade, ragoût et curry à Bowl of Plenty.

Tous ces endroits ont un dénominateur commun : ils sont indépendants et appartiennent à des gens du coin.

Le Lido de Bristol, photo par Edd Cope.

L’indépendance est primordiale à Bristol et pas seulement pour les commerces. C’est en effet un élément extrêmement important de son identité. Pour défier Londres, elle a adopté un autre fuseau horaire jusqu’au milieu des années 1800, dix minutes derrière la capitale, ce qui compliquait souvent les déplacements en train entre les deux villes. Lorsque la Great Western Railway de Brunel fut créée pour relier Londres aux quais de Bristol, d’où partaient les navires à destination de New York, la ville fut forcée de rentrer dans le rang. Sur l’horloge du Corn Exchange près du marché St Nicholas, une aiguille des minutes rouge indique l’heure de Greenwich, tandis qu’une noire continue de marquer l’heure historique de Bristol, un rappel discret de la résistance.

Pour mieux comprendre l’esprit ambitieux de Brunel, passez la journée sur le SS Great Britain. Amarré à Spike Island au milieu du port, ce vapeur a été transformé en musée interactif et vous pouvez voir où les passagers dormaient et où l’équipage préparait de luxueux festins, et même observer les énormes rouages tourner dans la salle des machines.

Le SS Great Britain de Brunel, photo par Edd Cope.

Conçu par Brunel et mis à l’eau en 1843, ce bateau était incroyablement en avance sur son temps, surtout pour sa taille et sa puissance : plus de 320 pieds de long avec un moteur de 1 000 chevaux-puissance et 12 nœuds. L’expo Being Brunel à côté du navire plonge dans les aspirations folles et la personnalité obsessive de l’ingénieur. On comprend facilement comment Bristol a été influencée par son ambition.

Les expositions du musée M Shed, sur le Wapping Wharf récemment réaménagé, témoignent du côté désobéissant de la ville. Rendez-vous au 1er étage pour y voir une expo décrivant en détail les moments les plus rebelles, notamment avec des photos des marches de travailleurs syndiqués et des récits des manifs locales du mouvement mondial « Occupy » soulignant les inégalités sociales et économiques.

Art urbain de Bristol, photo par Edd Cope.

Compte tenu de son histoire de frondeuse face à l’autorité centrale et de sa population qui n’a pas peur de s’exprimer, ce n’est pas surprenant que Bristol ait donné naissance à l’artiste urbain le plus célèbre du monde, Banksy. Connu pour ses messages sociaux et politiques transmis par pochoirs, c’est ici que cet artiste anonyme a laissé sa plus grande marque. Mild Mild West, Rose Trap et Girl with The Pierced Eardrum ne sont que quelques-unes de ses œuvres éparpillées dans la ville.

Celles-ci ont inspiré des centaines de jeunes artistes à appliquer peinture et pochoir sur les murs de la ville. Depuis quelques années, les artistes et le conseil municipal collaborent pour dresser un réseau de murs désignés où les graffitistes peuvent travailler légalement. L’art urbain est maintenant célébré dans toute la ville presque chaque année pendant Upfest, le plus grand festival d’art urbain en Europe.

Where The Wall, photo par Edd Cope.

« L’une des choses que je dis aux jeunes, dit Rob Dean, artiste et musicien ayant consacré des années à documenter les murales de toute la ville durant ses visites Where The Wall, c’est que peu importe l’objectif, peu importe s’il semble farfelu, Banksy prouve que tout est possible en travaillant dur et en étant déterminé. »

Vu la richesse de la scène gastronomique, culturelle et artistique, on dirait que les habitants y croient fermement, faisant de Bristol un endroit à découvrir absolument.

Cet article a été rédigé en anglais et traduit en français.