Le bonheur des îles

Envisagez ces quatre endroits dans les Caraïbes pour votre prochaine escapade d’hiver.

Photo par Debralee Wiseberg/iStock

Des vacances dans les Caraïbes sont l’antidote parfait contre le froid de l’hiver. Cependant, le choix de l’île et des activités peut sembler accablant. Afin de vous aider à planifier votre prochaine évasion d’hiver, nous avons demandé à quatre rédacteurs de partager avec vous leurs propres expériences caribéennes.

Trinité-et-Tobago

Pour les amateurs de la nature

Par Theresa Storm

la réserve forestière Main Ridge

 

Theresa Storm

Le jour se lève à peine sur l’île de Tobago. Les yeux troubles, je suis Newton George, mon guide d’observation d’oiseaux, au-delà de monts couverts de fougères vertes jusqu’au sentier Gilpin Trace, qui sillonne la réserve forestière Main Ridge, la forêt tropicale humide protégée la plus ancienne de l’hémisphère occidental et berceau de la biodiversité.

On sent tout de suite la fraîcheur de la forêt sous le couvert grouillant des sons de la nature. Émerveillée par les trilles des joyeux oiseaux, je tourne la tête dans tous les sens dans l’espoir d’apercevoir ces générateurs de bruit au cœur d’une colossale végétation.

George est évidemment le premier à voir l’oiseau, son préféré : le trogon rosalba au magnifique plumage arc-en-ciel. En continuant, nous voyons plus d’une vingtaine des plus de 220 espèces d’oiseaux de Tobago, dont l’aigle tyran, qu’on voit rarement et le manakin tijé, mais pas un signe du colibri endémique, le campyloptère à queue blanche.

Résolu, George pince les lèvres et fait Che che cha. Par magie, un mâle au comportement territorial nous survole.

L’observation d’oiseaux est une des nombreuses activités possibles sur Trinité-et-Tobago, deux îles formant une nation et situées juste au nord du Venezuela. En raison de leur proximité de l’Amérique du Sud, on y trouve une flore et faune qu’on ne voit nulle part ailleurs dans les Caraïbes.

Mon aventure naturelle à Tobago se poursuit par une baignade sous les chutes Argyle multiniveaux et de la plongée sous-marine au plus grand corail-cerveau du monde à Speyside. J’ai vu de près la nidification des tortues luths, ces géants lourds en voie de disparition, et leurs nouveau-nés captivants.

Après trois jours à Tobago, un vol de 20 minutes m’amène à Trinité où, hormis la capitale animée de Port-d’Espagne, l’île jouit d’une végétation dense et de splendeurs naturelles. Au Asa Wright Nature Centre, aire de conservation de renommée mondiale nichée dans les collines du nord, je suis émerveillée par l’abondance de papillons brillants.

J’ai aussi fait du kayak sur la rivière Salybia, puis une courte croisière vers les Bocas, chapelet d’îlots entre Trinité et le Venezuela. Sur Gaspar Grande, je descends à 30m dans les grottes de calcaire de Gasparee, pleines à craquer de stalactites et stalagmites, avant de me baigner dans le bassin translucide de Blue Grotto.

Le dernier soir, je visite les mangroves du marais de Caroni. Au coucher du soleil, des centaines d’ibis rouges s’y perchent, autre point culminant pour un amateur de la nature.


Conseil d’initié « Allez à Yerettê, sanctuaire de colibris [à Trinidad]. Le propriétaire installe des mangeoires pour les colibris et en attire littéralement des centaines. Ancien professeur d’université, il donne de vraiment bons cours. » —Courtenay Rooks, propriétaire de Paria Springs Tours à Trinidad


S’y rendre : WestJet dessert Port d’Espagne une fois par semaine au départ de Toronto.

Antigua

Pour les amateurs de plages

Par Diane Bolt

English Harbour

 

Diane Bolt

Cela ne fait que quelques jours que je suis à Antigua, deuxième île en importance des îles Sous-le-Vent et j’ai déjà pu admirer de ma-gnifiques vues depuis les hauteurs de Shirley Heights, belvédère militaire et batterie de tir rénové. J’ai gardé pied sur Devil’s Bridge, arche naturelle sculptée par la mer alors que d’immenses vagues écumeuses se jetaient contre les rochers devant moi, et j’ai fait du kayak dans les mangroves du parc marin North Sound avec Antigua Nature Tours.

Je suis prête à passer une journée à évaluer une des plus grandes attractions de l’île, ses plages de sable.

Bien qu’elle ne fasse que 22 kilomètres de long et 17 de large, Antigua et ses 365 plages idylliques tient sa promesse « d’une plage par jour ».

D’abord Pigeon Point Beach, jolie anse sur le côté sud de l’île, à seulement cinq minutes en taxi de l’historique English Harbour. La plage est tranquille, mais s’anime des habitants les week-ends. Je glisse les orteils dans le sable fin et chaud et regarde vers l’océan où une poignée de plongeurs avec tuba examinent l’eau limpide, captivés par le spectacle sous-marin. Je me propose une matinée tranquille à l’ombre d’un palmier à écouter le mouvement calme des vagues et de la brise chaude.

Plus tard, je me rends au luxurieux Inn at English Harbour, au parc national Nelson’s Dockyard, pour un déjeuner en plein air au Reef Restaurant avant de m’installer sur Galleon Beach, plage en forme de croissant, à proximité. Toutes les plages de l’île sont publiques. J’y passe quelques heures, profitant du soleil et plongeant du quai dans l’eau turquoise et rafraîchissante de Freeman’s Bay.

Regonflée, je me rends à Jabberwock Beach sur le côté nord de l’île, où les eaux abritées de Judge’s Bay sont idéales pour la planche à voile.

Je termine la journée en prenant une bouchée et un verre chez Ana au Beach Restaurant & Art Gallery de la très animée Dickenson Bay avant de danser pieds nus dans le sable lorsque le soleil glisse doucement derrière la ligne d’horizon.


Conseil d’initié « Allez à Deep Bay Beach. C’est une longue bande de plage, parfaite pour battre la grève. L’eau y est calme et il n’y a pas de meilleur endroit pour voir le soleil se coucher. » —Cleveland Athanaze, capitaine de mer pour Tropical Adventures


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Curaçao

Pour les amateurs d’histoire

Par Mark Stevens

Willemstad/iStock

 

Mark Stevens

Je prends le traversier de St. Anna Bay à Willemstad, Curaçao, pour me rendre au centre historique. Alors que le bateau approche du quai, une rangée de maisons coloniales baroques, connue sous le nom de Handelskade (quai du commerce) apparaît. On se croirait à Amsterdam si ce n’était des couleurs sarcelle, turquoise, corail et bouton d’or, gracieuseté d’Albert Kikkert, gouverneur au début du 19e siècle qui estimait que le blanc de chaux original des édifices lui donnait mal à la tête.

La vue est merveilleusement déconcertante; c’est la rencontre de l’Europe, des Caraïbes et de Disneyland.

À tribord de la proue du traversier se trouve un fort, un autre à l’arrière. Je débarque et me hâte de me joindre à une visite guidée à pied pour découvrir la capitale de Curaçao désignée lieu du patrimoine mondial de l’UNESCO.

D’abord peuplée par les Arawaks, Curaçao fut gouvernée par nombre de nations européennes au fil de son histoire incluant l’Espagne, la France, la Grande-Bretagne et les Pays-Bas, chacune ayant laissé son empreinte culturelle sur Willemstad.

Le premier arrêt de l’excursion a pied est Fort Amsterdam, construit vers 1635. « Regardez, me dit le guide en pointant vers le boulet  encore encastré dans le mur du fort (un de huit bastions de l’île qui existent toujours). Le capitaine Bligh [de la marine royale britannique] le fit tirer pendant le siège de 1804. »

Nous avons aussi vu le musée Fort Church dans la plus vieille église de l’île (terminée en 1771); le musée Kura Hulanda sur la grave histoire de l’esclavage de l’île et au-delà ainsi que le musée de l’histoire culturelle juive situé dans l’hémisphère ouest de la plus ancien-ne synagogue, ayant servi continuellement jusqu’à aujourd’hui. Chaque musée est une surprise, révélant des couches inattendues du passé riche de l’île.

Le lendemain, je quitte Willemstad pour explorer les landhuizen, les belles demeures de Curaçao, l’équivalent néerlandais des maisons de plantation. Ces demeures, construites aux 18e et 19e siècles sont des artéfacts culturels encore animés, manoirs de couleur pastel bien situés et édifiés sur des collines avec vue sur la plantation de coton, d’indigo ou de tabac. De nos jours, ces demeures ont une nouvelle vocation, comme la galerie d’art du domaine Jan Kok, abritant les œuvres de l’artiste locale Nena Sanchez, et le domaine Savonet qui abrite un musée racontant la vie des divers habitants de l’île au fil des siècles.

Mon dernier soir à Curaçao, j’admire Willemstad depuis les remparts du Fort Rif du 19e siècle, sachant que j’ai seulement effleuré la surface de cet endroit.

Je reviendrai.


Conseil d’initié « Goûtez la cuisine locale, la sopi di yuana (soupe d’iguane) ou le funchi (farine de maïs) au marché en plein air. Accompagnez-nous au Simadan, festival culturel de la récolte ayant lieu près de Pâques. »

—Darrilyne Elstak, superviseure au musée Kura Hulanda


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Sainte-Lucie

Pour les amateurs de bien-être

Par Amber Gibson

Sulphur Springs, photo par Olga Colos/Alamy

 

Amber Gibson

Aussitôt descendue de l’avion à l’aéroport de Ste-Lucie, une vague d’air chaud tropical m’engloutit. Je pousse un soupir, soulagée d’avoir quitté le froid de l’hiver et prête à me rajeunir sur cette île connue pour sa beauté naturelle et ses prestations axées sur la santé.

Il semble que le bien-être soit intégré dans chaque aspect de l’expérience de Ste-Lucie, de sa cuisine légère, mais appétissante aux spas de calibre mondial, à sa gamme d’activités de plein air, comme la plongée avec tuba sur les récifs de corail de couleur vive, l’ascension des célèbres pitons (les deux volcans de l’île formant des aiguilles géantes) et l’exploration de la forêt humide nationale.

Désirant voir la forêt humide d’un point de vue différent, j’opte pour le train aérien et la tyrolienne avec Rainforest Adventures; je me sens comme un oiseau et glisse à travers les arbres d’une plateforme panoramique à une autre en regardant la flore et la faune en dessous.

Vivifiée, je calme la poussée d’adrénaline par un bain de boue minérale aux Sulphur Springs de la Soufrière. On vient de partout dans le monde pour se baigner dans les eaux boueuses, qui, dit-on, purifient le corps et soulagent les articulations. Comme tout le monde, je m’enduis d’argile grise boueuse, puis me rince dans les chutes chaudes. L’effet est vivifiant et fait partie des expériences thérapeutiques de l’île.

Inspirés par l’abondance naturelle des plantes médicinales de Ste-Lucie, la plupart des hôtels proposent des soins de spa incorporant des ingrédients locaux (banane, noix
de coco, aloe vera et fèves de cacao). Au Rainforest Spa de Sugar Beach, établissement Viceroy Resort situé sur le flanc inférieur du Petit Piton, je m’installe dans un cabana perché dans les arbres. Je ferme les yeux alors que la thérapeute m’enveloppe d’herbes parfumées locales avant un massage ferme incorporant du bambou, la plante nationale de l’île.

Quelques jours plus tard au moment de quitter cette belle île, me sentant mieux et regonflée, je me sens prête à faire face au froid.


Conseil d’initié « L’ascension du Gros Piton est le défi par excellence à relever absolument. La vue du haut est incroyable et l’ascension procure une foudroyante sensation d’accomplissement. » —Bodina Quereshi, gérante du spa Sugar Beach


S’y rendre : WestJet dessert Sainte-Lucie une fois par semaine au départ de Toronto.

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