Faire les marchés

Achats de Noël à Londres

Photo par P Tomlins/Alamy

Parce matin brumeux de décembre à Londres, des gens emmitouflés se pressent sur les pavés du marché de Camden pour faire leurs achats de Noël, explorant un kaléidoscope de marchandises sur les étals longeant les ruelles et les arches du chemin de fer victorien, babioles ou accessoires faits à la main, t-shirts amusants ou godzillas coiffés d’un chapeau de père Noël. 

Bazar éclectique pour jeunes branchés, Camden a tous les articles de votre liste de Noël, avec en prime d’innombrables étals de nourriture fumante (la dinde teriyaki, ça vous dit?) dans une musique de Noël tonitruante. On comprend bien pourquoi les gens y affluent, fouinant allègrement, malgré le froid.

 

Marché de Camden

 

Depuis des siècles, Londres est parsemé de coins pour les colporteurs, du marché de Greenwich datant de la Restauration au marché Borough pour gourmets, vieux de mille ans. Camden, qui commença en 1974 avec 16 étals, est l’un des plus grands marchés de rue, avec aujourd’hui des centaines de marchands.

Mais à quoi ressemble le travail dans l’un de ces fameux marchés lorsque Londres revêt ses lumières féériques des Fêtes?

À Camden en 2016, Sonia Arena et Ellen Kitching ouvrirent un minuscule étal de leur création de cartes et t-shirts aux motifs punk. « Nous avons pensé que ce serait l’endroit idéal pour lancer notre marque Camden Supernova, car il y a une belle ambiance alternative et une grande variété de clients », affirme Sonia Arena.

 

Camden Supernova

 

Arena et Kitching sont marchandes temporaires au centre du marché (Middle Yard) du lundi au vendredi, sans contrat, un étal leur étant attribué chaque jour. Elles admettent que les heures sont longues et difficiles : « On se lève tôt, on prend un café fort et on arrive vers 9 h. Après l’installation, le marché s’anime, culmine dans l’après-midi et on y reste jusqu’à 19 h. »

À quelques pas du venteux Regent’s Canal, l’air imprégné des arômes intenses de l’Eden Ethiopian Coffee, on constate la chaleureuse camaraderie parmi les marchands : s’entre-aidant avec la monnaie, les pauses-toilettes, ou encore en cas de pluie, se précipitant pour couvrir la marchandise de chacun avec des feuilles de plastique. 

Les jours de gain sont parfois compromis par le temps : « On survit à la neige et au vent glacial, explique Arena, mais on aime toujours notre métier, surtout rencontrer les clients ».

 

Marché de Greenwich

 

Tous les colporteurs de Londres ne doivent pas affronter les éléments. Certains marchés sont abrités par des toits de verre, par exemple à Greenwich, à quelques pas d’un coude de la Tamise et d’une station du réseau Docklands Light Railway.

Ce marché fut ouvert au 18e siècle avec ses étals faisant face à la cour intérieure. Ses longues rangées de tables spécialisées en artisanat et antiquités attirent d’autant plus les clients pour Noël. Le plafond bas et opaque crée une ambiance douillette, alors que les lumières scintillantes et les odeurs de vin chaud favorisent celle de la fête traditionnelle.   

La nostalgie est à la base du populaire Alice and the Thimble. Avec son père, la propriétaire fabrique cartes, cadeaux et jouets en bois de style rétro pour chien (ajout d’ours blancs pour les fêtes). Elle affirme qu’une bonne planification est nécessaire pour Noël.

 

Alice and the Thimble

 

« On commence Noël en été, en créant de nouveaux articles et en réalisant les commandes spéciales », dit-elle, en ajoutant que sa maison ressemble à l’atelier du père Noël. Il est parfois difficile de jongler avec une production accrue et l’étal du vendredi (et des jours supplémentaires quand elle en a le temps). « J’adore parler aux gens, mais je ne veux pas manquer de stock. Je veux m’assurer que mon étal ait la magie de Noël ».

Répondre aux besoins des clients en matière de nourriture est la motivation principale du marché Borough, côté sud de London Bridge.

Fondé en 1014, et de nos jours niché sous une magnifique structure en verre et en ferronnerie verte, le marché Borough est bourré d’étals de nourriture, qui regorgent de grosses tourtes au gibier et saucisses de porc, pendant que les vendeurs mélangent paella ou confit de canard émincé fumant. (Il est courant de saliver par ici.)

 

Marché Borough

 

Le marché Borough attire aussi les vrais amateurs de fromage, dont les hôtes de bonnes tables. Les fromagers d’Alsop & Walker vendent leurs spécialités primées du Sussex, du mardi au samedi, et planifient Noël plusieurs mois à l’avance.

« Ça commence en juillet », explique Arthur Alsop, copropriétaire. C’est là qu’il fabrique son Mayfield, sorte d’emmental, pour qu’il soit fait à temps. Puis, c’est le tour du Sussex Blue et du crémeux Sussex Crumble. Enfin, en novembre, il reste quelques semaines pour produire le clou des Fêtes : Lord London, en forme de cloche. 

Après la production, c’est la course vitale pour satisfaire les foules du vieux marché décoré de houx. « La semaine avant Noël, nous doublons les effectifs », dit Alsop, en ajoutant que d’autres vendeurs sont tout aussi occupés à ce moment-là.

 

Marché Borough

 

Il envoie les gourmets vers les étals Bread Ahead Bakery & School, The Parma Ham and Mozzarella Stand, et Borough Olives, où l’on doit goûter les gousses d’ail mariné. Et si vous avez faim : « Scotchtails sert des Scotch eggs (œufs écossais) au jaune encore liquide ».

Selon Alice and the Thimble, c’est ce genre de découverte ludique que les clients adorent quand ils explorent les marchés de Londres en pleine évolution à Noël. « J’aime l’atmosphère de fête ici à Greenwich. Mais c’est bien que le marché change avec les saisons. »

S’y rendre : WestJet dessert Londres dix fois par semaine au départ de Calgary et Toronto.

WestJet Banner